On voit souvent des jardiniers inquiets devant leur olivier qui a mauvaise mine. Feuilles tachetées, poudre noire, branches qui sèchent… comment savoir ce qui se passe ? On va être direct avec vous : la plupart des problèmes sont visibles à l’œil nu, il suffit de savoir quoi regarder. C’est pour ça qu’on a préparé ce guide d’identification visuel. L’objectif est simple : comparer ce que vous voyez sur votre arbre avec nos descriptions pour trouver la bonne solution, sans vous tromper.

Tableau d’identification : symptômes, causes et solutions

Symptôme Visuel (ce que vous voyez) Maladie ou Parasite Probable Cause Principale Solution Recommandée
Des taches brunes et rondes apparaissent sur les feuilles, souvent entourées d’un halo jaune qui fait penser à un œil de paon. Les feuilles atteintes finissent par tomber. Œil de paon (Cycloconium) Un champignon qui se développe avec l’humidité et la chaleur douce, surtout au printemps et en automne. La pluie disperse les spores. Traitement préventif à la bouillie bordelaise (10g/l). On recommande une application après la taille au début du printemps et une autre à la fin de l’été.
Une poudre noire et collante, comme de la suie, recouvre les feuilles et les rameaux. Elle part si on la frotte, mais elle revient. Fumagine Ce n’est pas une maladie directe. C’est un champignon qui se nourrit du miellat (déjections sucrées) laissé par des insectes comme les cochenilles. Il faut traiter la cause et la conséquence : nettoyez les feuilles avec de l’eau et du savon noir, puis éliminez les cochenilles.
De petits amas blancs cotonneux ou des carapaces bombées noires/brunes sont collés sous les feuilles et le long des jeunes branches. Souvent, des fourmis sont présentes. Cochenilles (farineuses ou noires) Un insecte piqueur-suceur qui affaiblit l’arbre en aspirant la sève. Prolifère dans les atmosphères confinées et chaudes (oliviers en pot, vérandas). Pulvérisez un mélange d’eau, de savon noir et d’huile de colza. Cette solution asphyxie les parasites. Pensez à griffer le sol en hiver pour exposer les larves au gel.
Les olives sont piquées d’un petit trou brun, puis elles pourrissent, se rident et tombent prématurément. Si vous ouvrez une olive touchée, vous y trouverez un petit ver blanc. Mouche de l’olivier La mouche pond ses œufs à l’intérieur des olives (une par fruit). La larve se développe en mangeant la pulpe. C’est le ravageur le plus fréquent. Prévention obligatoire. Posez 1 à 2 pièges à glu (phéromones) par arbre, côté sud. Vous pouvez aussi pulvériser de l’argile verte ou blanche pour créer une barrière minérale qui empêche la ponte.
Les bords des jeunes feuilles sont grignotés de manière nette, en forme de poinçon ou de petit arc de cercle. Les dégâts apparaissent la nuit. Otiorhynque Un petit coléoptère noir qui se nourrit la nuit et se cache dans le sol la journée. Il ne vole pas, il grimpe le long du tronc. Solution mécanique et simple : posez des bandes de glu sur le tronc. L’insecte sera bloqué dans sa montée et ne pourra pas atteindre les feuilles.
Les jeunes feuilles à l’extrémité des rameaux se recroquevillent, se gaufrent et se déforment. Elles ne s’ouvrent pas correctement. Thrips de l’olivier Un minuscule insecte (2,5 mm) qui pique les jeunes pousses pour se nourrir, ce qui provoque leur déformation. Il aime le temps chaud et sec. Pulvérisez une solution à base d’huile de colza pour étouffer les insectes. L’installation de pièges à phéromones bleus peut aussi limiter leur population.
L’extrémité des feuilles les plus anciennes devient marron et sèche sur environ un tiers de leur longueur. Le reste de la feuille est vert. Carence en potassium (K) Le sol est pauvre en potasse, un nutriment essentiel pour la santé de l’olivier et la production de fruits. Apportez un engrais organique riche en potasse (marqué « K » sur l’emballage) au pied de l’arbre au printemps.
Une ou plusieurs branches entières dépérissent subitement. Les feuilles sèchent, deviennent brunes mais restent attachées à la branche, qui finit par mourir. Pyrale des troncs La larve d’un papillon qui creuse des galeries dans le bois (tronc, grosses branches), coupant la circulation de la sève. C’est mortel pour les rameaux atteints. Aucun traitement curatif n’existe. La prévention est la seule solution : taillez proprement, évitez de blesser le tronc et le pied de l’arbre.
Les feuilles jaunissent sur des rameaux entiers, pas seulement quelques-unes de façon éparse sur l’arbre. Problème de culture (arrosage) C’est souvent un signe d’un excès ou d’un manque d’eau, surtout pour les oliviers en pot où le sol sèche vite ou reste détrempé. Vérifiez l’humidité de la terre en profondeur. Assurez-vous que le pot a un bon drainage. Ajustez la fréquence d’arrosage.

On nous demande souvent si quelques feuilles jaunes sont un mauvais signe. On vous rassure : c’est normal. Une feuille d’olivier a une durée de vie de 3 ans. Il est donc naturel que les plus anciennes jaunissent et tombent, surtout à l’automne.

Focus sur les 3 maladies fongiques principales

Les champignons sont une des causes fréquentes de maladie sur l’olivier. Ils sont souvent liés à l’humidité et peuvent affaiblir votre arbre s’ils ne sont pas maîtrisés. Voici les trois qu’on rencontre le plus souvent.

L’Œil de paon (Cycloconium)

C’est LA maladie de l’olivier la plus connue. On la reconnaît facilement à ses taches circulaires brunes avec un halo jaune. Ce champignon adore l’humidité. Il se développe quand les feuilles restent mouillées pendant plusieurs heures, après une pluie ou avec la rosée du matin, surtout au printemps et en automne. La pluie est son meilleur allié pour se propager d’une feuille à l’autre.

Les conséquences ne sont pas à prendre à la légère :

  • Chute prématurée des feuilles, ce qui affaiblit l’arbre.
  • Perte de capacité de photosynthèse, donc moins d’énergie pour l’arbre.
  • Baisse de la production d’olives l’année suivante.

La solution la plus efficace reste préventive. On utilise de la bouillie bordelaise, un fongicide à base de cuivre. On vous conseille deux traitements : un premier au début du printemps (mars), et un second à la fin de l’été (septembre). Cela protège les nouvelles et les anciennes feuilles.

La Cercosporiose

Cette maladie est moins connue mais tout aussi sournoise. Elle provoque des taches grisâtres sur la face inférieure des feuilles, qui finissent par jaunir et tomber. Sur les olives, elle cause des taches marron. Elle est souvent confondue avec l’Œil de paon, mais elle est plus active quand il fait chaud.

Le principal risque est une forte chute des feuilles, surtout si elle s’ajoute à une attaque d’Œil de paon. Le traitement est heureusement le même : la bouillie bordelaise appliquée en préventif fonctionne bien contre ce champignon.

Bon à savoir 👀

L’AFIDOL (l’Association Française Interprofessionnelle de l’Olive) est la référence sur le sujet. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter leur fiche technique sur la cercosporiose.

La Fumagine

Ici, le champignon n’est pas le vrai coupable, c’est juste un opportuniste. La fumagine est cette poudre noire qui recouvre les feuilles et leur donne un aspect sale. Ce champignon se développe sur le miellat, une substance sucrée et collante excrétée par les insectes piqueurs-suceurs comme les cochenilles.

Le problème principal est que cette couche noire bloque la lumière et empêche la photosynthèse. Lutter contre la fumagine demande une double action :

  1. Nettoyer les feuilles : une simple pulvérisation d’eau tiède avec du savon noir suffit à dissoudre la suie.
  2. Traiter la cause : il faut absolument éliminer les insectes responsables. Sans miellat, la fumagine ne pourra plus se développer.

Les 5 parasites et insectes ravageurs de l’olivier

En plus des champignons, votre olivier peut être la cible de plusieurs insectes. Certains ne font que des dégâts esthétiques, mais d’autres peuvent compromettre toute votre récolte d’olives.

La Mouche de l’olivier : le fléau n°1

Si vous voulez des olives, c’est votre principal ennemi. La mouche de l’olivier est un insecte qui pond ses œufs à l’intérieur du fruit, quand celui-ci atteint 5 à 6 mm. Chaque mouche peut pondre jusqu’à 300 œufs dans 300 olives différentes. La larve (un petit asticot) se développe ensuite en se nourrissant de la pulpe. L’olive piquée finit par pourrir et tomber.

Heureusement, cette mouche a une faiblesse : elle arrête de pondre quand la température dépasse 30°C et ses œufs meurent au-delà de 35°C. La lutte est avant tout préventive :

  • Le piégeage : installez 1 ou 2 pièges à glu par arbre (avec des phéromones) côté sud. Ils capturent les adultes avant la ponte.
  • La barrière minérale : pulvérisez de l’argile sur les feuilles et les fruits. Cela crée une fine pellicule qui dérange la mouche et l’empêche de reconnaître l’olive. On recommande au minimum 4 passages : début juillet, début août, début septembre et début octobre.

Les Cochenilles (noire et farineuse)

Ces insectes suceurs de sève affaiblissent l’arbre et sont la cause principale de l’apparition de la fumagine. On distingue deux types : la cochenille noire, avec sa carapace bombée, et la cochenille farineuse, qui forme des amas blancs cotonneux.

La lutte est assez simple. On prépare une solution à base d’eau, de savon noir et d’une cuillère d’huile de colza. Pulvérisée sur les colonies, cette préparation va boucher leurs voies respiratoires et les éliminer. En hiver, on vous conseille aussi de griffer le sol au pied de l’arbre pour exposer les larves au froid et aux prédateurs.

L’Otiorhynque : le grignoteur nocturne

Si vous voyez des encoches bien nettes sur le bord de vos feuilles, c’est sûrement lui. L’otiorhynque est un petit coléoptère noir qui ne sort que la nuit pour se nourrir. Le jour, il se cache dans la terre au pied de l’arbre. La bonne nouvelle, c’est qu’il ne vole pas. Pour atteindre les feuilles, il doit grimper le long du tronc. La solution est donc mécanique : une bande de glu enroulée autour du tronc l’empêchera de passer.

Les Thrips : les déformateurs de jeunes pousses

Ce minuscule insecte de 2,5 mm aime le temps sec et s’attaque aux jeunes pousses. Ses piqûres provoquent la déformation des feuilles, qui se recroquevillent sur elles-mêmes. Les dégâts sont surtout esthétiques, mais une forte attaque peut ralentir la croissance des jeunes rameaux. Un insecticide à base d’huile de colza est souvent efficace.

La Pyrale des troncs : le danger mortel

On termine par le plus dangereux. Ce papillon pond ses œufs sur les blessures du tronc ou des grosses branches. La larve qui en sort creuse des galeries dans le bois. En faisant cela, elle coupe la circulation de la sève, ce qui entraîne le dessèchement complet des branches situées au-dessus de la galerie.

On préfère être clair : il n’existe aucun traitement curatif efficace une fois que la larve est dans le bois. La seule chose à faire est de prévenir son apparition :

  • Taillez proprement en janvier/février, avec des coupes nettes.
  • Évitez de blesser l’écorce avec des outils de jardinage.
  • Coupez et brûlez les branches atteintes pour éviter que le papillon ne sorte.

Notre expérience terrain 🔍

La pyrale attaque presque toujours via une blessure. La plupart des cas qu’on a vus concernaient des arbres blessés par un rotofil à la base du tronc. Faites très attention lors du désherbage. Vous pouvez consulter la documentation de l’AFIDOL sur la pyrale du tronc pour plus de détails.

Problèmes de culture et carences : quand ce n’est ni une maladie, ni un parasite

Parfois, le problème ne vient ni d’un champignon, ni d’un insecte. Les conditions de culture jouent un rôle essentiel dans la santé de votre olivier.

  • Feuilles jaunes éparses : C’est le renouvellement naturel de l’arbre. Pas d’inquiétude, c’est un cycle normal.
  • Rameaux entiers qui jaunissent : C’est souvent un problème d’arrosage. Pour un olivier en pot, cela peut être un excès d’eau qui asphyxie les racines, ou un manque d’eau qui stresse l’arbre.
  • Absence de fleurs ou de fruits : Plusieurs raisons sont possibles. L’arbre est peut-être trop jeune (il faut attendre environ 10 ans pour une vraie fructification). Le sol peut être trop pauvre, ou votre variété n’est peut-être pas auto-fertile et a besoin d’un autre olivier à proximité pour la pollinisation.
  • Bout des feuilles qui sèche : Si seule l’extrémité des feuilles les plus âgées devient marron, c’est le signe d’une carence en potassium. Un apport d’engrais organique riche en potasse au printemps corrigera le problème.

Prévention : les bonnes pratiques pour un olivier en pleine santé

Pour éviter la plupart de ces problèmes, quelques gestes simples suffisent. Un olivier bien entretenu est un olivier plus résistant.

  • La taille : Chaque année, aérez le cœur de l’arbre. Une bonne circulation de l’air limite l’humidité et donc le développement des champignons. Pensez à toujours désinfecter vos outils de taille.
  • Le sol : L’olivier déteste avoir les pieds dans l’eau. Assurez-vous que votre sol est très bien drainé, surtout si vous le cultivez en pot.
  • L’arrosage : Soyez modéré. Mieux vaut un bon arrosage de temps en temps que de petites quantités tous les jours. Laissez toujours la terre sécher en surface entre deux arrosages.
  • L’observation : Au moins une fois par semaine, prenez le temps de regarder votre arbre de près, notamment le dessous des feuilles et les jeunes rameaux. Détecter une attaque au tout début facilite grandement le traitement.

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