On nous pose souvent la question sur les chantiers ou lors des livraisons : c’est quoi exactement une grue auxiliaire ? On va être simple : c’est un bras de levage articulé monté directement sur un camion. Cet équipement permet de charger et décharger des matériaux lourds sans avoir besoin d’un autre engin. On vous explique tout : son fonctionnement, les chiffres à connaître, les fabricants et la formation indispensable pour la manœuvrer.

La grue auxiliaire : les points clés 🔑

  • Définition : Appareil de levage monté sur un camion, aussi appelé « grue de chargement ».
  • Position : Le plus souvent installée derrière la cabine ou à l’arrière du châssis du camion.
  • Puissance : Exprimée en tonnes-mètres ™, l’indicateur clé de sa capacité de levage.
  • Capacité courante : De 3,5 tm pour les modèles légers à plus de 130 tm pour les plus puissants.
  • Formation : La conduite professionnelle demande une autorisation de conduite, souvent validée par le CACES R490.

Qu’est-ce qu’une grue auxiliaire ? (Définition et fonctionnement)

Une grue auxiliaire n’est pas un véhicule à part entière. C’est un équipement de manutention fixé sur un véhicule porteur, généralement un camion. Son but principal est de permettre le chargement et le déchargement de la marchandise ou des matériaux transportés. C’est ce qui la différencie d’une grue mobile, qui est un engin de levage automoteur conçu uniquement pour le levage sur un chantier.

L’emplacement de la grue sur le camion a un impact direct sur son utilisation. On trouve principalement deux configurations :

  • Montée derrière la cabine : C’est la position la plus fréquente. Elle permet de conserver tout l’espace de la benne ou du plateau pour des chargements longs. L’opérateur a une bonne vue d’ensemble.
  • Montée à l’arrière du châssis : Cette position est idéale pour la livraison de matériaux au plus près du chantier. Elle offre une meilleure portée à l’arrière et permet de déposer des charges précisément où il faut.
Les composants essentiels d’une grue de chargement

Pour bien comprendre comment elle fonctionne, il faut connaître ses parties principales :

  • Le châssis : C’est la base de la grue, solidement fixée au châssis du camion pour ne faire qu’un avec le véhicule.
  • La couronne de rotation : C’est un roulement à billes ou un système à crémaillère qui permet à la colonne de la grue de pivoter, souvent sur 360°.
  • Le bras : Il est composé de plusieurs sections télescopiques ou articulées qui se déplient pour atteindre la zone de levage. C’est le cœur de l’opération de manutention.
  • Les stabilisateurs latéraux : Ce sont des « béquilles » hydrauliques qui se déploient de chaque côté du camion. Il faut absolument les déployer avant toute manœuvre pour assurer la stabilité de l’ensemble et éviter le basculement. La sécurité en dépend.

Le pilotage se fait via un poste de commandes, qui peut être situé directement sur la grue, sur le côté du camion, ou via une radiocommande. Cette dernière option offre plus de liberté et de visibilité à l’opérateur pour se placer au meilleur endroit et garantir une manœuvre en toute sécurité.

Caractéristiques techniques et capacités de levage

Quand on parle de la puissance d’une grue auxiliaire, l’unité de référence est le tonne-mètre ™. C’est un peu technique, mais c’est simple à comprendre. Cette valeur correspond au poids que la grue peut lever multiplié par la distance (la portée). Par exemple, une grue de 10 tm peut théoriquement lever 1 tonne à 10 mètres de distance, ou 2 tonnes à 5 mètres.

C’est l’indicateur le plus important pour comparer les modèles. Les capacités des grues de chargement sont très variables :

  • Les plus petites grues, souvent montées sur des véhicules légers, ont une capacité de 3,5 à 4 tm.
  • Les modèles les plus courants dans le secteur de la construction ou de la livraison de matériaux vont de 10 tm à 50 tm.
  • Les grues les plus puissantes peuvent dépasser les 130 tm, voire beaucoup plus pour des modèles exceptionnels.

La portée est l’autre critère essentiel. Elle désigne la distance horizontale maximale que le bras de la grue peut atteindre. Les portées vont de quelques mètres pour les petits modèles à plus de 45 mètres pour les grues équipées d’extensions. Pour augmenter cette portée, on peut ajouter un « fly jib », qui est une sorte de bras articulé supplémentaire fixé au bout du bras principal.

La sécurité avant tout : le limiteur de moment

La sécurité est un aspect non négociable. Pour éviter les surcharges et les accidents, toutes les grues auxiliaires d’une capacité supérieure à 4 tm vendues en Europe doivent être équipées d’un limiteur de moment de charge. Ce système, qu’il soit hydraulique ou électronique, calcule en permanence la charge soulevée et la portée. Si la grue atteint sa limite de capacité, le système bloque les mouvements qui pourraient aggraver la situation (comme lever plus lourd ou étendre le bras).

Exemples de grues auxiliaires de référence

Pour vous donner une idée concrète des performances, voici deux exemples de modèles parmi les plus puissants du marché :

Modèle Constructeur Capacité ™ Performance notable
PK200002 L SH Palfinger 200 tm Lève 40 tonnes à 4,30 m ou 500 kg à 45,1 m.
575000 AXO E9 Cormach ~420 tm Lève 70 tonnes à 6 m ou 1,6 tonne à 58 m.

Les principaux fabricants sur le marché

Le marché de la grue auxiliaire est dominé par plusieurs grands noms, avec une forte présence de constructeurs italiens reconnus pour leur savoir-faire. Si vous cherchez à équiper un camion, vous rencontrerez probablement une de ces marques. Elles sont réputées pour la fiabilité et la performance de leurs grues.

Parmi les principaux fabricants, on retrouve :

  • Palfinger : Un leader mondial d’origine autrichienne, très présent sur tous les segments.
  • Fassi : Un constructeur italien majeur, connu pour sa large gamme et ses innovations.
  • Hiab : Une marque suédoise, également un des leaders du marché.
  • PM Group S.p.A. : Un autre acteur italien important dans le secteur du levage.
  • Effer : Spécialiste italien des grues de forte capacité.
  • Cormach : Connu pour ses grues sur-mesure et de très grande puissance.
  • Xuzhou (XCMG) : Un géant chinois de la machinerie de construction.
  • Diebolt (ets) : Un acteur français reconnu.
  • Kesla : Un fabricant finlandais spécialisé notamment dans les grues forestières.

Quels sont les différents types de grues auxiliaires ?

Il n’existe pas un seul type de grue auxiliaire. Les modèles sont adaptés aux besoins spécifiques des métiers et à la taille du camion porteur. On peut les classer en plusieurs catégories pour y voir plus clair.

Voici les types les plus courants :

  • Grue auxiliaire VL (Véhicule Léger) : Conçue pour être montée sur des petits camions ou des fourgons. Sa capacité est plus faible mais elle est parfaite pour des tâches de manutention légères.
  • Grue pour camion 3.5 t : C’est une catégorie très demandée par les artisans. Elle permet d’équiper un camion benne standard (permis B) d’une capacité de levage pour être autonome sur les chantiers.
  • Grue auxiliaire Copma / Fassi : Parfois, le nom d’une marque devient si populaire qu’il désigne un type de produit. C’est le cas de Copma ou Fassi, souvent utilisés pour parler d’une grue de chargement standard.
  • Grue électrique : De plus en plus de modèles sont proposés en version électrique ou hybride. Elles sont plus silencieuses et moins polluantes, idéales pour les travaux en zone urbaine ou en intérieur.

CACES R490 : la formation pour conduire une grue de chargement

La question de la formation est centrale pour l’utilisation d’une grue de chargement. Le document le plus connu est le CACES R490 (Certificat d’Aptitude à la Conduite en Sécurité pour les grues de chargement). Il est important de noter qu’il a remplacé l’ancien CACES R390 en 2020, avec de nouvelles exigences.

Mais attention, on entend souvent une idée reçue. Le CACES n’est pas un « permis grutier ». En France, ce certificat n’est pas obligatoire légalement pour conduire une grue auxiliaire. Le seul document qui est une obligation légale, c’est l’autorisation de conduite. Et cette dernière doit être délivrée par l’employeur.

⚠️ CACES ou autorisation de conduite : ce qu’il faut savoir

Pour faire simple, voici comment ça fonctionne :

  • L’autorisation de conduite est obligatoire : C’est l’employeur qui la signe et la délivre. En la donnant, il engage sa responsabilité et atteste que le salarié est apte à utiliser la grue en sécurité.
  • Le CACES est fortement recommandé : Pour délivrer son autorisation, l’employeur doit s’assurer que le salarié a les compétences nécessaires. Le CACES est le meilleur moyen de le prouver. Il valide que le conducteur a suivi une formation théorique et pratique complète et qu’il a réussi les tests.

En clair, la plupart des entreprises exigent le CACES R490 pour délivrer leur autorisation de conduite. C’est une garantie de compétence et de sécurité pour tout le monde sur le chantier.

Qui utilise les grues auxiliaires ? (Secteurs et applications)

Grâce à leur polyvalence, les grues auxiliaires sont devenues indispensables dans de très nombreux secteurs d’activité. Elles permettent aux entreprises de gagner en autonomie, en temps et en efficacité pour toutes les opérations de manutention et de livraison.

On les retrouve principalement dans les métiers du bâtiment et des travaux publics :

  • Maçonnerie et gros œuvre : Pour la livraison de palettes de parpaings, de ciment ou le déchargement de préfabriqués en béton.
  • Charpente : Pour lever et positionner les éléments de charpente en bois ou métallique.
  • Menuiserie métallique et serrurerie : Pour la pose de portails, de garde-corps ou de structures en métal.
  • Menuiserie bois et PVC : Pour la livraison et la pose de fenêtres ou de portes sur les chantiers.
  • Travaux d’installation d’eau et de gaz : Pour la manutention de tuyaux, de regards ou d’autres équipements lourds.

Au-delà du BTP, on les voit aussi dans le transport, le recyclage, l’agriculture ou encore chez les paysagistes pour déplacer des rochers ou des arbres.

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